Le groupe "Malagasy Connexion" (Italie/Madagascar) en 2018 lors du festival Bari In Jazz

C’est l’histoire de deux musiciens qui vivent pleinement de leur passion malgré leur jeune âge. Josia Rakotondravohitra et Tsanta Randriamihajasoa sont entrés dans l’histoire comme étant les premiers à faire partie du groupe « Malagasy Connexion », concept mis en place suite au jumelage entre le Nosy Be jazz Festival (NBJF) et le Bari In Jazz (Italie).

C’est écrit

Fin mars 2018, Silo Andrian et Tsanta Randriamihajasoa (trompette) font partie de la cohorte de festivaliers en provenance de la capitale. Après dix-huit heures de route et la traversée du bras de mer qui sépare la grande terre de Nosy Be, nos aventuriers (staff, musiciens, bénévoles et invités) prennent leurs quartiers à Ambondrona au Tropical Paradise et à l’hôtel y attenant, le Nosy Lodge-Villa Blanche ; ces deux établissements forment le village du festival, un complexe pied dans l’eau où très vite l’ambiance vire au camp de vacances : mini-concerts improvisés dans les chambres, répétitions-bœuf, feux de camp… Nos deux comparses ont été désignés par le Comité d’organisation du festival pour former un groupe international en compagnie du chanteur d’origine palestinienne Nabil Bey, et du maestro Gianni Lenoci (piano). La suite restera une énigme auprès du grand public pour entrer dans la légende  du jazz: Josia Rakotondravohitra (drums) remplace au pied levé Silo dans le combo italo-malagasy.

Après dix-huit heures de route et la traversée du bras de mer qui sépare la grande terre de Nosy Be, les festivaliers et musiciens arrivent sur l'île.
Après dix-huit heures de route et la traversée du bras de mer qui sépare la grande terre de Nosy Be, les festivaliers et musiciens arrivent sur l’île.

Sulla strada per Bari

En route pour Bari, dans la région des Pouilles en Italie où se tient chaque été le Bari In Jazz (BIJ). Un festival qui a élu domicile dans une région chargée d’histoire, joyau du patrimoine du sud de l’Italie. C’est Koblan Amissa président de l’association Abusuan (en charge de l’organisation du BIJ) qui est à l’origine du projet de jumelage des deux festivals. Ami de longue date avec Solofo Rafenombolatiana, lui-même tourneur et acteur de l’événementiel à Paris, il décide de se rendre à Nosy Be avec Gianni Lenoci-maître es piano et enseignant dans un conservatoire-qui se charge de la sélection des musiciens et de facto de la direction musicale. Le Malagasy Connexion fait ses premières armes en quartet durant le NBJF, pour être complété par Pasquale Gadaleta (contrebasse) et Livio Bartolo (guitare) à Bari. Sur place Josia-qui en a vu d’autres en voyageant sous différentes bannières dans plusieurs pays- témoigne :«Le niveau est très élevé avec beaucoup d’exigences ; techniquement il faut être au point, car il y a très peu de temps pour répéter. Les partitions sont distribuées et on a à peine le temps de les déchiffrer qu’on est déjà sur scène». Comme toute rencontre du troisième type, l’expérience est  enrichissante pour chacune des parties : en témoigne « Mangina zaza » intégré dans le répertoire du Malagasy Connexion où sodina et valiha font sensation auprès d’un public italien très réceptif.

Le Bari In Jazz, un festival qui a élu domicile dans une région chargée d’histoire, joyau du patrimoine du sud de l’Italie
Le Bari In Jazz, un festival qui a élu domicile dans une région chargée d’histoire, joyau du patrimoine du sud de l’Italie

Homo Jazzus

2018 est l’année du réveil de Tsanta Randrimihajasoa. A deux mois d’intervalle ce multi-instrumentiste (il joue de 14 instruments) âgé aujourd’hui de 21 ans, foule les sols de l’ancien et du nouveau continent pour vivre deux expériences musicales formatrices, fondatrices (?). Exit le BIJ, direction les Etats-Unis pour le projet « One Beat » un workshop global en compagnie de plusieurs nationalités et de jeunes créateurs (19-35 ans)  issus de divers horizons musicaux. Mis sur les rails il y a huit ans par le Bureau des affaires éducatives et culturelles du Département d’État américain en collaboration avec l’ONG Found Sound Nation, l’initiative vise à créer un nouveau champ des possibles à la création musicale pour le bien de la communauté. Beaucoup de belles rencontres éclectiques-et électroniques- qui confortent le trompettiste au physique de jeune premier, dans ses convictions : début 2019, le public découvre sur les réseaux sociaux  le groupe « Or Maroloko » composé des membres de la famille Randriamihajasoa, et qui choisit de valoriser la musique du terroir. Une première dans le paysage local où les médias traditionnels pèsent encore sur l’industrie musicale, mais qui traduit déjà une volonté de rupture. Le message est clair, pour bousculer l’ordre établi il faut « oser » s’aventurer sous d’autres cieux et défendre bec et ongles «sa» musique.

Comme une évidence

Dans cette optique, le Nosy Be Jazz Contest vient en réponse à ce besoin de nos musiciens de s’expatrier pour s’aguerrir. A l’initiative du Nosy Be Jazz Festival Organisation Committee (NBJFOC), pour la première fois deux musiciens(es) âgés de moins de 35 ans seront choisis pour rejoindre  un groupe européen. Ils seront sélectionnés par un jury international basé en Italie et auscultés sous tous les angles par une presse spécialisée. Si la barre a été placée très haute par les précédents ambassadeurs que sont Josia et Tsanta, c’est parce qu’il n’était pas uniquement question d’exprimer un talent protéiforme, mais de défendre des valeurs (ancestrales ?), de communiquer bien et juste, bref de se comporter en professionnel.

Nous partîmes 500…

Depuis le 24 janvier 2019, les inscriptions au casting sont ouvertes. L’appel à candidatures s’est fait via les réseaux sociaux et le règlement est obtenu à la demande. Pour se faire le postulant doit se rendre sur le site officiel du festival (www.nosybejazzfestival.com), remplir un formulaire de contact avec déjà des renseignements basiques à fournir (identité, numéro de téléphone et adresse mail). En retour l’organisation lui expédie par mail le règlement ainsi qu’une fiche de participation à imprimer et à remplir. L’étape suivante est la constitution du dossier : vidéo, biographie, photo, copie de la carte d’identité nationale (et oui il faut être majeur)  et enfin ledit règlement paraphé et signé pour s’assurer qu’il a été lu sous toutes les coutures. Les candidatures devront parvenir physiquement sous une grande enveloppe au siège du NBJF (2eme étage du New Select Hôtel, 54 avenue de l’indépendance) avant la date fatidique du 24 mars 2019, ou expédié par courrier électronique (we transfer ou autre) à l’adresse nosybejazzfestival@gmail.com.

…et revinrent 2

Le casting est ouvert à toute personne résidant sur le territoire de Madagascar de nationalité malagasy et âgée de 18 ans à la date du 7 avril 2019. Les résultats officiels seront proclamés à cette même date, autrement dit dix jours avant le départ pour Nosy Be. Les dates du Bari In Jazz seront communiquées en temps voulu, ou peuvent être consultées sur le site officiel du festival : www.bariinjazz.it. Toutes les dépenses sur l’île aux parfums et en Europe liées à l’hébergement, la restauration, le transport et des différentes activités sont à la charge des organisateurs. Chaque postulant(e) pourra se présenter à sa guise sur sa vidéo (de préférence de bonne qualité-HD), soit en groupe (ou seul(e) en fonction de son instrument), mais il/elle devra bien préciser son identité et de quel instrument il (ou elle) joue sur sa fiche d’inscription.

Jouer du jazz, c’est comme raconter une histoire (Maxence Fermine, écrivain français). C’est savoir aussi être respectueux (des horaires, des gens, de la parole donnée…), être à l’aise, rester soi-même et ne pas jouer à être (ne pas surjouer). Des valeurs que notre duo s’est employé à partager lors de leurs périples de l’année dernière. Alors, serez-vous suffisamment au niveau pour être le prochain ambassadeur du Nosy Be Jazz Festival? La réponse le 24 mars prochain. En attendant, à vos instruments.

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